House of Dynamite, point de rupture

CRITIQUES COURTES

Baptiste Brocvielle

11/8/20251 min read

Dernier volet d’une trilogie implicite sur l’armée américaine moderne, House of Dynamite est lui-même fractionné en tiers. À travers sa mise en œuvre de l’effet Rashōmon, Kathryn Bigelow explore une même crise sous trois points de vue différents, offrant une dissection précise et réaliste des institutions face à une menace nucléaire imminente. Un procédé qui, couplé à des interprètes de talent et une mise en scène quasi-documentaire, nous plonge dès les premières minutes dans le même état d’urgence et de sidération qu’à l’écran. Une descente en apnée au rythme des « defcon ».

Une production Netflix qui porte les thèmes d’une filmographie, de même que le Frankenstein de Guillermo del Toro sorti deux mois plus tard. Deux œuvres radicalement singulières qui traitent pourtant d’un même mythe : celui de Prométhée. Que se passe-t-il lorsque la création échappe au créateur ? Lorsqu’un pouvoir devient incontrôlable ? L’impuissance de l’Homme face à sa propre technologie.

Évitant l’écueil du sensationnalisme, la réalisatrice porte un regard pragmatique sur la fragilité d’un monde militarisé - au bord de l’apocalypse. Une démarche qui trouve racine et apogée dans Fail Safe (Sidney Lumet, 1964) mais dont la relecture contemporaine, à l’aune des enjeux du XXIème siècle, demeure terriblement pertinente.


Baptiste Brocvielle