Sanguines-Du body-horror très sanguin
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Thibault Jeanroy
10/30/20262 min read


ENCORE DU BODY-HORROR?
Un nouveau film de body-horror mené par une femme, porté par une nouvelle révélation. Depuis l'émergence de Julia Ducournau et Coralie Fargeat, c'est devenu une habitude de voir le genre revenir ainsi avec une nouvelle vision . Mais est-ce pour le mieux ? Qu’apporte cette nouvelle proposition au genre ? Est-ce une redite ? Un film déjà gâché par ce qui a déjà été produit auparavant ?
S'AFFRANCHIR DE SES INFLUENCES
Sanguines, premier long-métrage de Marion Le Corroller, avec Mara Taquin en rôle principal, suivie de la nouvelle génération comme Kim Higelin et Sami Outalbali.
Le film suit Margot, une jeune médecin qui fait ses débuts dans un hôpital et qui, très vite, va se retrouver dépassée par la pression du métier, et développer un mal-être physique qui pourrait être une potentielle maladie rare...
On pourrait grossièrement résumer le scénario par « l'expérience des jeunes avec le monde anxiogène du travail », mais ce serait trop réducteur. Effectivement, il y a un vrai point de vue sur cette génération qui se déplaît et qui subit le monde du salariat, et c'est un sujet très important et actuel.
Il se trouve que c’est un sujet qui tient à cœur à son autrice, elle-même salariée dans le milieu de la finance avant de rejoindre les plateaux de tournages. Expliquant son rapport avec le monde du travail.
Néanmoins, Marion Le Corroller s'affranchit des influences qui pèsent sur elle (pour sa défense ça devient compliqué de faire du body-horror sans rappeler ce qui a déjà été fait) avec un scénario qui se balade entre le thriller psychologique et le body-horror médical.


Si effectivement on a quelques flashs de The Substance (on parle de quelques plans furtifs rien de très explicite soyons clairs), le temps de quelques moments très similaires, la réalisatrice, présente au Forum des Images pour présenter son film début septembre, s'est défendue en expliquant que son projet était très avancé quand The Substance est sorti au Festival de Cannes, où elle-même a présenté son film en séance de Minuit. On lui laisse le bénéfice du doute.....
Hormis cela, l'intrigue ouvre quelques intrigues secondaires qui n’étaient vraiment pas nécessaires (notre héroïne a une aventure avec deux de ses collègues, et après ?), on aurait gagné à développer plus encore « l'univers » plutôt que de rester concentré uniquement sur Margot, notre héroïne, qui manque elle aussi d'épaisseur, et son actrice d'une palette de jeu plus large.
Sanguines a quelques éléments vraiment intéressants, et part d'un postulat identifiable pour la génération d’aujourd’hui, mais se disperse rapidement (délaissant aussi trop rapidement? ses seconds rôles), se conclut hâtivement et de façon un peu confuse, mais reste en tête grâce à des effets spéciaux remarquables et une réalisation efficace.
Thibault Jeanroy


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