Pour Klára, de Olmo Omerzu
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Thomas Robert
4/11/20262 min read


Pour Klára, quatrième long-métrage du réalisateur slovène Olmo Omerzu, est sortie dans les salles françaises ce mercredi 8 avril.
L’intrigue du film s’articule autour de Klára, une adolescente atteinte de troubles du comportement alimentaire (TCA). Alors que la jeune fille tombe amoureuse d’un potentiel meurtrier, David et Laura, ses parents divorcés, s’unissent pour l’aider. Son petit frère Teo, lui, souffre du manque d’attention de ses parents.
Malgré ses thématiques graves, le visionnage de Pour Klára s’avère très ludique ! David, Laura, Klára et Teo, ne cessent de se mentir par amour, pour conserver l’union familiale. Le spectateur s’émeut alors d’une compassion naturelle envers chaque membre, malgré les mensonges et les tromperies de plus en plus lourdes à assumer. Connaissant les vices de chacun, on se délecte de les voir s’intensifier, pour aboutir à une scène finale jubilante, qui révèle toute l’hypocrisie bienveillante de la famille. On doit cela à la maîtrise de l’écriture et de la mise en scène qui mêle parfaitement le point de vue de chaque personnage.
Jusqu’où les parents iront-ils pour protéger leur fille ? C’est la question qui hante la seconde partie du film. David et Laura s’immiscent dans la vie amoureuse de Klára en flirtant avec les limites du convenable, créant des situations grinçantes. Plus largement, le film n’hésite pas à élargir les barrières de l'intimité, en allant à contre-courant de la pudeur inhérente à la vie familiale classique. Je pense notamment à la virée sur une plage nudiste avec David et ses enfants, ou encore, lorsque les parents envoient des textos à leur fille sous l'identité de son petit ami. Ce rapport déviant à l'intimité intrafamiliale cristallise l'originalité du récit et, de par le malaise qu'il crée, participe à l’ambiance hétéroclite du film.
En effet, Pour Klára joue constamment avec les ruptures de ton. L’entrelacement entre mensonge et intimité engendre des séquences tantôt comique, tantôt malaisante, voire haletante, transformant le film en un véritable thriller. La photographie accompagne magnifiquement ces bascules. À travers la lumière, le cadre et la composition, le chef opérateur, Krystof Melka aborde le drame familial sous l’esthétique du genre. D’abord avec une image contrastée aux couleurs criardes sous le soleil de Croatie, puis avec un ton plus morne dans les appartements des membres de la famille.


En somme, on est sans cesse bousculé devant Pour Klára. Entre mensonges omniprésents, intimité violée et ruptures de ton, Olmo Omerzu nous livre un thriller familial déroutant.
Pour en savoir plus sur la fabrication du film, vous pouvez retrouver notre interview du réalisateur Olmo Omerzu, disponible sur notre chaîne YouTube.
Thomas ROBERT


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