Petit Tom : un plongeon dans l'imaginaire
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Klara Bénard
2/20/20264 min read


Jeune acteur sous le feu des projecteurs dès l’âge de 9 ans, Léo Riehl réalise en 2021 son premier long métrage « Dessine-moi une planète ».
En 2025, en partenariat avec Obelus Production, association indépendante et en plein essor, et Moonline Production, il réalise « Petit Tom », court métrage doux et sensible, qui nous replonge dans le monde de l’enfance.
Sélectionné pour de nombreux festivals comme Off-Courts Trouville, Montpellier Indie Film Festival ou encore Que Du Feu, il gagne le prix du meilleur réalisateur du festival Cours Charlie. Léo en dira, dans un interview avec Obelus, « Pour faire un film il faut s’entourer des bonnes personnes car quand on réalise des films avec des gens qu’on aime, tout est plus simple. Il faut se faire confiance et essayer d’écrire des histoires sincères. » Et c’est très réussi.
« Petit Tom » raconte l’histoire de Tom, un petit garçon âgé de 11 ans, vivant avec sa mère dans une maison près de la forêt. Avec son copain Tristan, il se bat contre des monstres.




Dès la première scène nous retrouvons Tom et Tristan, deux petits garçons, dans une forêt immense et verdoyante, qui observent de loin un monstre, sorte de sorcier aux doigts crochus, qui semble très menaçant. Tristan, le compagnon de Tom, est vêtu d’une tenue médiévale, tandis que Tom est habillé en tenue assez moderne.
Une première question se pose à nous : Tristan existe-t-il vraiment ? Vient-il de notre époque ?
Le monstre est affairé devant un chaudron bouillonnant d’où sort une épaisse fumée. Cette atmosphère nous plonge dans un monde fantastique, comme une référence au Seigneur Des Anneaux, comme si l’immensité de la forêt pouvait laisser place à toutes les histoires. Un lieu où l’imagination et le rêve n’ont pas de limite. Mais aussi, un lieu d’apaisement, où tous les soucis quotidiens peuvent disparaitre ne serait-ce que pour un instant, au rythme du mouvement des feuilles et de la force du vent. Les deux garçons se préparent au combat, Tristan armé d’une épée et Tom d’un pouvoir magique.


Le téléphone de Tom dans la forêt retentit soudainement, nous replongeant brutalement à notre époque, sa mère veut qu’il rentre à la maison. Tristan et la créature ont tous les deux disparus, comme si la réalité de la voix de sa mère ramenait Tom à la réalité et le sortait de ses rêves.
Tom rentre à la maison à vélo, les paysages de campagne et de champs à perte de vue un soir d’été nous soulagent. Nous pouvons ressentir la douce brise fouettant gentiment le visage du personnage, tout en douceur.


Tom rentre chez lui : une maison pleine de cris et de violence. Réfugié dans sa chambre et caché dans son lit le petit garçon entend les cris stridents de sa mère qui résonnent dans la pièce à côté. L’ambiance sombre et étouffante de sa chambre est en opposition totale avec l’ambiance apaisante de la forêt au ton verdoyant et chaud. Malgré ce brouhaha, son ami Tristan apparait d’un côté de la caméra, se faufile à côté de Tom, l’arrachant à toutes ses angoisses. Il n’est plus seul.
Un jour, Tom doit quitter sa maison et sa forêt car il doit partir avec sa mère qui fuit. Sur le chemin il revient une dernière fois dans sa forêt pour dire au revoir à son ami, qui ne semble plus là. Le regard transperçant et rempli de tristesse de Cléonce Dupont, l’acteur qui joue le personnage de Tom, nous brise le cœur.
L’étalonnage du film permet au réalisateur de nous faire basculer dans des ambiances différentes à chaque séquence, en gardant toujours une authenticité dans le récit.
Klara Bénard
Tom et Tristan ont affronté le sorcier maléfique et l’ont vaincu. Ils ne se reverront sans doute plus jamais. Même si Tom revenait dans la forêt, le danger a disparu, il n’a plus besoin de le combattre. Ou peut-être que le quotidien de Tom après son départ deviendra plus doux et que Tristan ne ressentira plus le besoin de revenir lui tenir compagnie.
Ce court métrage sur l’enfance est un film d’une grande pureté, sincère et émouvant, qui nous ramène sans artifice aux émotions de l’enfance. Tom s’est créé un ami sur qui il peut compter, même s’il n’existe que dans son esprit et dans son imagination. Tom s’est autorisé à rêver et à imaginer une vie un peu plus rose, c’est ce que ce court-métrage tendre et sensible nous raconte et nous propose.
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