Les pires suites de films, quand le profit remplace l'Art

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Kassandre Lou Vinatier

7/20/202621 min read

Nombreux et nombreuses sont les cinéphiles qui ont voulu continuer l’expérience d’un excellent film avec son second volet. Mais nombreux et nombreuses sont les cinéphiles qui tombent de haut en découvrant une suite plus que moyenne, nulle, voire inutile.

C’est exactement ce qui m’est arrivée avec le film L’exorciste de William Friedkin. Après avoir dévoré le livre de William Peter Blatty (que je recommande chaudement) dont le film de 1973 est tiré, je me suis ruée sur les plateformes de streaming pour le trouver.

Deux heures deux de pur bonheur cinématographique. Ni une, ni deux, je fais mes petites recherches et découvre plusieurs suites dont une qui accroche mon regard, Exorciste: Dévotion de David Gordon Green sorti en 2023. Je suis allé voir ce film à sa sortie et je me rappelle l’avoir trouvé insipide et caricatural. Mais, peut-être n'avais-je pas toutes les pièces du puzzle pour vraiment apprécier ce long-métrage, aussi, je décide de m’y replonger. Résultat : deux heures une (qui en paraissent quatre) de ma vie gâchées par l’un des pires films que j’ai pu voir. L’histoire n’a aucun sens, le jeu d’acteur fait grincer des dents, l’exorcisme est grotesque enfin bref, rien à voir avec le chef d'œuvre original. L’exorciste: Dévotion remporte quand même quelques prix, dont un EDA award pour le pire remake / suite de film et est nommé pas moins de cinq fois aux Razzie award, cérémonie parodique qui récompense les pires films.

Mais ce long-métrage est loin d’être un cas isolé, alors revenons sur quelques unes des pires suites au cinéma.

© Warner Bros.

© Blumhouse

CONJURING

4 films

2013 - 2025

Inspiré par les enquêtes d’Ed et Lorraine Warren, deux démonologues spécialistes de la science occulte, le premier volet de la saga, Conjuring: Les dossiers Warren, fait un carton au box-office et se place déjà comme film d’horreur culte.

Avec une réalisation minutieuse qui instille un climat de plus en plus lourd et l’alternance entre horreur pure et suggestion plus minimaliste d’une présence, notamment avec l’excellente scène du drap, Les dossiers Warren coche toutes les cases d’un excellent film.

Note sur Letterboxd : 3.4 / 5☆

Les dossiers Warren

Le cas Enfield

Le second volet, Conjuring: Le Cas Enfield, connaît le même succès. Moins effrayant que le premier, il reste néanmoins un très bon film, aussi bien pour les critiques que pour le public.

Note sur Letterboxd : 3.4 / 5☆

Sous l'emprise du Diable

Le troisième volet, Conjuring: Sous l’emprise du Diable, est décevant et passe sous les radars. La réalisation est bonne mais très “académique”, sans originalité. Il s’agit du premier film que ne réalise pas James Wan et on sent que Michael Chaves, le nouveau metteur en scène, tente de copier le style Wan sans vraiment y arriver. Cependant, l’histoire en elle-même est vraiment prenante et si elle vous intéresse, je vous conseille plutôt le documentaire Netflix sur cette affaire; Le Diable pour Alibi.

Note sur Letterboxd : 2.8 / 5☆

L'heure du Jugement

Et nous arrivons finalement à l’objet de cet article : Conjuring: L’heure du Jugement. Quatrième et dernier volet de la saga, les fans s’attendaient à un final en apothéose, ce qui a rendu la déception d’autant plus grande. L’histoire est classique : une maison hantée supplément possession démoniaque, une famille tourmentée par des entités infernales et un homme d'Église qui décède “mystérieusement”. Cette trame n’est pas sans rappeler le premier opus ce qui crée cet effet de redondance. Le film traîne en longueur et le rythme est plus qu’inégal, on perd l’âme de la franchise avec ces jumpscares à tout va et prévisibles. Les effets spéciaux sont cheap au possible, notamment la scène finale avec ce miroir qui tourne. En parlant de cette scène; qu’est-ce que c’est que ce dénouement ? L’accent est mis sur une force luciférienne, presque impossible à conjurer tellement son influence diabolique est importante et on finit avec cet ultime bataille qui ne dure que quelques minutes. On comprend cette envie de boucler la boucle avec ce démon-miroir qui est la première entité que les Warren ont affrontés au début de leur carrière, mais les origines de ce dernier ne sont pas exploitées ou inexistantes. Sans parler des Smurl, la famille tourmentée par le démon, qui passent au second voire même au troisième plan dans le récit.

En conclusion, ce dernier volet était celui de trop. On ressentait déjà un essoufflement et un manque d’originalité pour Sous l’emprise du Diable qui se confirme avec L’heure du Jugement.

Note sur Letterboxd : 2.8 / 5☆

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Warner Bros. a annoncé plus tôt cette année qu'un préquel de la saga était en production et sortirait en septembre 2027. Pour l'instant, pas plus d'information, à part que le réalisateur est français (cocorico !). Rodrigue Huart a à son actif quelques courts-métrages d'horreur avec des critiques plutôt positives, il était également derrière la caméra pour la série Canal+ Le Monde Magique de Jérôme Commandeur, donc assez versatile. En tout cas, on peut saluer l'initiative du studio de miser sur un jeune metteur en scène qui, on l'espère, donnera un petit coup de boost à la franchise.

© Warner Bros.

© Warner Bros.

© Warner Bros.

© Warner Bros.

MEAN GIRLS

2 films

2005 & 2011

On change tout à fait de registre avec Mean Girls, ou Lolita malgré moi en français. Film cultissime du début des années 2000, bourré de références encore utilisées aujourd’hui et avec des personnages nuancés et hilarants, Mean Girls est un véritable succès au box-office mondial.

Note sur Letterboxd : 3.8 / 5☆

Mean Girls

Mean Girls 2

Mean Girls 2, sorti en 2011, est une production ABC Movie, l’une des plus grandes chaînes TV des Etats-Unis, et ne sortira donc jamais au cinéma. L’action se passe quelques années après le premier, dans le même lycée mais avec des personnages différents. Pour le synopsis, on reprend les mêmes et on recommence! Et oui, l’histoire est un copier-coller du premier, mais sans la finesse et l’humour. Les personnages sont insipides et pas attachants, les blagues tombent à plat et l'esthétique générale ressemble à un film Disney Channel des années 90. Abby et Joe, les protagonistes, sont l’insupportable essence même de la “fille différente” qui n’arrive pas à rentrer dans les cases bien qu’elles soient deux jolies jeunes filles, minces et blanches.

Ce qui faisait la force du premier volet était que les personnages n’étaient ni tout noir, ni tout blanc, qu’ils oscillaient entre bons et mauvais, que personne n’était parfait. On perd complètement l’âme et la morale de Mean Girls pour se retrouver avec un film qui n’est qu’une mauvaise caricature de l'original.

Mean Girls 2 se démarque néanmoins pour une chose : il obtient la pire note de toutes les suites confondues évoquées dans cet article.

Note sur Letterboxd : 1.4 / 5☆

© Paramount Picture

© ABC Family

Mais pourquoi ce film se retrouve sur cette liste ? Et bien, parce qu’il a une suite. Une suite, complètement inconnue et (très) inutile.

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Mean Girls a eu le droit à une adaptation en comédie musicale sur les planches qui a ensuite été (encore) adapté pour le grand écran en 2024. Le film est vraiment moyen, les chansons entêtantes certes, mais elles n'apportent pas grand chose à l'histoire. Bref, un film qui ne restera pas dans les annales.

AVATAR

3 films

2009 - 2025

Avatar

On voyage cette fois-ci hors de notre galaxie avec le succès international de la saga Avatar de James Cameron. Le premier volet sort en 2009 et connaît un immense, et encore c’est un euphémisme, succès mondial. Détrônant Titanic (également de Cameron qui semble avoir trouver le Graal en matière de réalisation) de la première place du film le plus rentable de L’HISTOIRE du cinéma, Avatar engrange près de 3 milliards de dollars seulement avec les recettes en salles. Avec ses visuels époustouflants pour l’époque et l’histoire d’amour entre deux êtres que tout sépare sur fond de critique de la colonisation et du désastre écologique qu’elle engendre, Avatar gagne le cœur du public et des critiques. Il remporte pas moins de 38 prix à travers le monde, dont 3 Oscars. C’est la consécration pour Cameron qui avait imaginé et peint cet univers depuis de nombreuses années.

Note sur Letterboxd : 3.7 / 5☆

La Voie de l'eau

Au vu du cliffhanger (terme cinématographique utilisé pour décrire une fin qui instille le suspens et donne envie d’en savoir plus) du premier opus, le public s’attendait à ce qu’un deuxième volet suive le premier de près. Mais, c’est le silence radio. Ce n’est qu’en 2013 que James Cameron confirme de vive voix la sortie de trois suites, respectivement en 2017, 2018 et 2019. Finalement, le deuxième opus Avatar: la Voix de l’eau sort en salle en 2022, suivi de près par Avatar: De feu et de cendres qui sort fin 2025. Et le peu qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont décevants. Comprenons-nous, ce sont de bons films, tout à fait corrects mais ils tombent dans la catégorie des suites “moyennes”. Les visuels sont toujours aussi fascinants de détails et le design de la nouvelle tribu est très bien pensé mais… c’est tout. L’histoire suit exactement le même arc que le premier, il y a BEAUCOUP de personnages principaux et/ou importants (les 4 enfants de Sully et Neytiri, le couple de chef de la nouvelle tribu avec leurs 2 enfants, le Colonel Quaritch “ressuscité”, la nouvelle colonelle des forces humaines, etc…) qui ne sont pas forcément nécessaires à l’histoire. Le film traîne en longueur et met du temps à imposer un rythme soutenu qui happe le spectateur, les personnages semblent tous partager la même personnalité défensive sans jamais réelle évolution et cela, sans parler des dialogues insipides et convenus.

Note sur Letterboxd : 3.6 / 5☆

De Feu et de Cendres

Je n'ai vu que très récemment ce dernier volet en date et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne laisse pas un souvenir impérissable. Les visuels sont toujours aussi détaillés, les scènes d'action sont très bien maîtrisées et l'esthétique de la nouvelle tribu est très intéressante... Mais, encore une fois, c'est tout. Le scénario est un copier-coller du deuxième (et ressemble donc fortement au premier) avec des enjeux semblables à un serpent qui se mord la queue. L'introduction du personnage de Varang, cheffe de la tribu des Cendres, ajoute de la nuance aux peuples de Pandora. Présentée comme une guerrière sanguinaire, prête à tout pour survivre, son arc narratif est complètement détruit lorsqu'elle devient le bras droit, ou plutôt le pantin, de Quaricht. Tout est tellement prévisible et réchauffé qu'on en vient à se demander si Cameron n'a pas repris le script du deuxième film en changeant simplement l'élément; l'eau en feu. Quitte à vouloir faire une saga sur tous les éléments, autant regarder la série animée Avatar: Le dernier Maître de l'air.

Note sur Letterboxd : 3.6 / 5

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! James Cameron ne s’arrête pas sur sa lancée et annonce d’ores et déjà un quatrième et cinquième volet prévu respectivement en 2029 et 2031. Espérons qu’il saura instaurer un vent de fraîcheur et d’idées nouvelles à la franchise qui semble tourner en rond depuis 2009.

© 20th Century Fox

© Disney

© Disney

La planète Mesa de Xenogenesis, 1978 - © James Cameron

Medusoïd © Disney

LES VISITEURS

3 films

1993 - 2016

Et oui ! Les français ne sont pas en reste en matière de pires suites de film. On s’attaque à un trésor national, Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré.

Sorti en 1993, la comédie fantastique Les Visiteurs conquit rapidement le cœur des français, malgré un accueil mitigé de la part des critiques. Porté par le duo désopilant Reno & Clavier, secondé par une Marie-Anne Chazel déjantée et une Valérie Lemercier guindée, le film devient vite une comédie culte qu’on aime voir et revoir en famille. Les gags, situations comiques et quiproquos s’enchaînent à un rythme effréné, le bon moyen de déconnecter son cerveau pendant 1h40. Quelques unes de ses répliques cultes sonnent encore au dîner de famille, bref, même après 30 ans, l’héritage culturel des Visiteurs fait partie intégrante du patrimoine français.

Note sur Letterboxd : 3.5 / 5☆

Les Visiteurs

Les couloirs du Temps

Jean-Marie Poiré décide de renouer avec notre chevalier et gueux préféré quelques années plus tard avec Les Visiteurs: Les couloirs du temps, sorti en 1998. La toile de fond est la même, le voyage dans le temps vers le présent. La notion de paradoxe temporel est introduite lorsque Montmirail & Jacquouille (enfin Jacquart) réalisent que leur voyage précédent a eu des conséquences sur le présent; c’est maintenant le descendant de La Fripouille qui détient le château.

En somme, le film n’est pas si mauvais, ça reste une bonne grosse comédie potache à la française. Mais cette suite est loin d’égaler la première. Les gags se répètent, l’absence du personnage de Mercier se fait sentir, malgré la bonne performance de Muriel Robin qui la remplace, et l’histoire part dans tous les sens avec notamment Christian Clavier qui joue quatre rôles différents. N’oublions pas de mentionner les infernaux placements de produits à tout va qui dénaturent le film. Cependant, porté par le succès du premier opus, Les Visiteurs: Les couloirs du temps réalise un excellent démarrage au box-office.

Note sur Letterboxd : 2.9 / 5☆

La Révolution

Et puis, en 2016, un troisième film sort, Les Visiteurs: La Révolution. Une question: Pourquoi faire ? L’équipe est si peu sûre de leur projet qu’ils ne font que deux projections presse avec des médias “indulgents” triés sur le volet. Ça part mal.

Mais, encore une fois, surfant sur la nostalgie du premier film, les français donnent une chance à cet ultime volet. Et comme dirait Dewey dans la sitcom Malcolm, “Je ne m’attendais à rien, mais je suis quand même déçu”. Le film semble être une parodie, d’une parodie de lui-même. Le jeu de Reno est insipide (aurait-il subit une lobotomie ?), Christian Clavier fait du Christian Clavier, donc too much, les blagues ne tombent même pas à plat car elles ne quittent pas le sol et les personnages ne sont plus comiques tellement ils sont grotesques. Le film est tellement nul qu’on en vient à regretter Les Visiteurs: Les couloirs du temps. Encore une démonstration que plus n’est pas toujours mieux, loin de là.

Note sur Letterboxd : 2 / 5☆

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! En 2001, comme beaucoup de succès commerciaux français, Les Visiteurs ont le droit à leur remake états-unien : Just Visiting, également réalisé par Poiré. Bon, comme l'entièreté des remake de films français aux US, c'est vraiment moyen, mais sachez qu'il est quand même mieux noté que Les Visiteurs: La Révolution, c'est pour dire.

Note sur Letterboxd : 2.6 / 5☆

© Gaumont Buena Vista

© Gaumont Buena Vista

© Gaumont Buena Vista

PITCH PERFECT

3 films

2012 - 2017

On traverse la grande mare et on repart au pays de l’Oncle Sam avec la saga Pitch Perfect ou la définition d’un naufrage en trois actes.

Sorti en 2012, Pitch Perfect est le summum de l’humour états-unien sans prise de tête et un peu grossier. L’histoire de ce groupe d’étudiantes chanteuses, les Bellas, est plutôt prenante et le casting est vraiment intéressant, mais ce qui fait que le film sort son épingle du jeu, c’est les parties musicales. Un savant mélange de hits de l’époque avec cette Cup Song devenu un challenge viral sur internet, le tout en accapella maîtrisé et enjoué qui fait taper du pied en rythme. Les personnages sont très caricaturaux mais ça fonctionne assez bien car on rit avec eux et pas d’eux. Bref, un petit feel good movie à l’américaine qui redonne le sourire.

Note sur Letterboxd : 3.6 / 5☆

Pitch Perfect

Pitch Perfect 2

C’était sûr à 90% que Pitch Perfect aurait une suite, modèle capitaliste états-unien oblige, mais je ne m’attendais pas à ce que les premières minutes du film montre le personnage interprété par Rebel Wilson exposant ses parties génitales au président Barack Obama, même accidentellement. Le ton est donné. Tombées en disgrâce, les Bellas se lancent le défi de gagner le championnat de monde d’acapella pour redorer leur image. On suit alors le groupe à travers des situations ubuesques comme lorsqu’elles partent en retraite après qu’une des filles se soit brûlé les cheveux (?). Rien n’a vraiment de sens et, au lieu d’avoir une seule histoire, on a l’impression que le film n’est qu’une succession de sketchs un peu gênants. Sans parler du personnage Flo, qui est guatémaltèque, qui devient la cible de remarques racistes sur la déportation sous couvert d’humour (et non, même en 2015, le racisme n’était pas drôle. C’était et c’est un délit).

Et puis pour l’histoire pure, alors qu’on passe tout le film à nous rabâcher l’importance de cette compétition, seulement quelques minutes lui sont dédiées puis plus rien.

En conclusion, une suite vraiment pas nécessaire qui se veut plus drôle mais qui tape juste sur les minorités.

Note sur Letterboxd : 3.1 / 5 ☆

Pitch Perfect 3

Puis en 2017, le troisième et dernier volet de Pitch Perfect sort en salle.

Le pitch, et tenez-vous bien, est que les Bellas font une tournée mondiale des bases militaires américaines pour remonter le moral aux soldats. Jusqu’ici, c’est plutôt normal. Mais arrivées en France, le père d’Amy (Rebel Wilson) qu’elle n’a jamais connu, la retrouve et lui explique qu’il est agent secret mais il s’avère qu’en fait il fait partie du crime organisé et kidnappe les Bellas sur son yacht. Et comme vous l’avez vu venir, elles arrivent à se libérer en partie grâce à une reprise a capella de Toxic de Britney Spears. Grâce à ça et aussi au fait qu’elles mettent le feu au bateau, logique. Pendant ce temps, Becca, la leader du groupe, s’amuse à faire du son avec DJ Khaled. Oui, le vrai DJ Khaled (qui devait avoir des problèmes de trésorerie à l’époque pour accepter le rôle). Le film se clôt évidemment avec des pleurs et un câlin collectif car l’amitié est plus forte que tout, ce qui est peut-être la seule scène réaliste de ce long-métrage.

Sans mentionner qu’il n’y a plus de base américaine en France depuis 1967, le film n’a aucun sens. De l’histoire d’étudiantes un peu marginales qui trouvent confiance en elles sur scène à l’explosion du yacht d’un mafieux dans le sud de la France, il n’y aura eu que deux films. Que dire ? Bravo les Etats-Unis, ça c’est un final auquel on ne s'attendait pas.

Note sur Letterboxd : 2.7 / 5☆

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! En 2022, La série Pitch Perfect: Bumper in Berlin déparque sur la plateforme de streaming Peacock. Spin-off de la saga éponyme, on suit les aventures du personnages de Bumper, qui faisait lui aussi parti d'un groupe d'acapella, rivale des Bellas, dans sa quête de célébrité à Berlin. Aussi surprenant que cela puisse paraître au vu des critiques du dernier film, la série reçoit globalement de bonnes notes et avis. Une deuxième saison était même en cours de développement mais finalement abandonnée à cause de la grève des scénaristes en 2023.

© Universal Pictures

© Universal Pictures

© Universal Pictures

LE CAS DISNEY

Lorsqu’on évoque les suites de films, bonnes ou mauvaises, les longs-métrages Disney viennent souvent à l’esprit. Et pour cause, sur 125 long-métrages du studio, 48 (presque 20%) sont des deuxièmes ou troisièmes volets. Ce qui est cocasse lorsqu’on connaît la volonté de Walt Disney, fondateur du légendaire studio, de ne pas faire de suite à ses films. Même lorsque le court-métrage des trois petits cochons explose au box-office en 1933, Disney reste fidèle à ses valeurs avec sa locution célèbre “Pigs can’t top pigs” (“Les cochons ne peuvent pas surpasser les cochons”, dans la langue de Molière). Il entend par là qu’il ne faut pas se complaire sur un succès et toujours chercher la nouveauté, regarder en avant plutôt qu’en arrière. Un mantra qui ne subsistera pas longtemps après le décès de ce dernier.

L'après Walt

Après sa mort, Disney laisse un studio à bout de souffle qui se maintient à flots principalement par les ressorties de leurs classiques d’antan. Les studios passent de mains en mains sans jamais réitérer les succès du temps de Disney. Il leur faut alors penser à une nouvelle stratégie marketing et l’idée d’offrir une suite à leurs plus célèbres long-métrages paraît être la bonne.

La première d'une longue liste

Officiellement, la première suite sort en 1990 avec le long-métrage Bernard & Bianca: Au pays des Kangourous qui est une suite au film de 1977 Les Aventures de Bernard & Bianca. La machine est lancée.

Du grand au petit écran

En 1994, La Revanche de Jafar, suite officielle d’Aladdin, sort directement en DVD. Les studios surfent sur leur Nouvel Âge d’Or et ne comptent pas lâcher les films qui leur rapportent gros. Les sorties DVD du second volet des films préférés des spectateurs s’enchaînent et s’écoulent comme des petits pains. Aladdin aura le droit à une autre suite après Le retour de Jafar qui connaîtra le même succès. De même pour La Belle et la Bête (1991), Le Bossu de Notre-Dame (1996), Le Roi Lion (1994) , Mulan (1998), Tarzan (1999), Kuzco: l’Empereur mégalo (2000) ou encore La Petite Sirène (1989). Chaque année, une ou deux suites sortent directement en DVD, les fans étant toujours au rendez-vous. Le Studio, ayant flairé le bon filon, décide alors de produire un deuxième opus à leur Classiques. De Bambi (1942) aux 101 Dalmatiens (1961) en passant par Rox et Rouky (1981) ou encore Peter Pan (1953), personne n’est épargné. La direction de Disney de l’époque parle de faire découvrir leurs premières œuvres aux plus jeunes par le biais de ces deuxièmes volets. Car au moins 50 ans séparent leur premier opus du second. Oui, 50 ans.

Pourquoi pas (mais plus “pas”, quand même), mais le fond du problème reste le même : ces suites sont bâclées.

La quantité en plus, la qualité en moins

Il n’y a qu’à voir la qualité de l’image et du dessin qui pâtissent du rythme effréné de production. Alors qu’on s’émerveille de la finesse, des détails et du soin apporté aux films originaux, on ne retrouve qu’une pâle copie dans les suites. Il n’y a même pas besoin d’être un spécialiste de l’art ou critique de cinéma pour s’en rendre compte : c’est pas beau, voire franchement moche. Niveau scénario, c’est plutôt pas mal dans la plupart des cas mais largement en dessous du premier opus.

Le Bossu de Notre-Dame © Disney

Le Bossu de Notre-Dame: Le secret de Quasimodo © Disney

Aladdin © Disney

Le retour de Jafar © Disney

Un manque de créativité ?

Le studio change de stratégie fin des années 2000 et projette maintenant les seconds et troisièmes volets au cinéma : meilleure animation, meilleur scénario, meilleur son que les direct-to-dvd des années 90. Les fans adorent suivre leurs personnages favoris dans de nouvelles aventures et donc, les succès au box-office s’enchaînent.

Et les films originaux dans tout ça ? Et bien, là est la majeure partie du problème, il n’y en a que très peu. En 2024, il n’y a aucun film d'animation original Disney sorti en salle. Aucun. Sur 5 prochains films annoncés officiellement, 3 sont des suites : le troisième volet de La Reine des Neiges et des Indestructibles ainsi qu’un deuxième Coco, qui est le pire choix pour une suite tellement l’original est un chef d'œuvre qui se suffit amplement à lui-même.

A-t-on perdu l’âme créative et innovante de Disney pour ne rester qu’avec des suites de suites inutiles ? Seul l’avenir nous le dira.

Et quand il n'y en a plus, il y en a encore ! En plus de produire des deuxièmes et troisièmes volets, Disney trouve un autre moyen de tirer encore et toujours profit des ses succès au box-office : les remakes. Depuis 2014, Disney a sorti 19 remakes, 5 rien qu'en 2019, en prise de vue réelle de ses grands classiques comme Cendrillon (2015), Le Roi Lion (2019) ou encore Mulan (2020). Les fans étaient au rendez-vous mais les critiques restent quant à elles mitigées : certains apprécient de revoir ces classiques mis au goût du jours, tandis que d'autres ne voient pas l'intérêt, surtout pour des films sorti il y a moins de 10 ans, comme c'est le cas pour Vaïana (2016) dont le remake vient tout juste de sortir au cinéma.

Les trois petits cochons © Disney

ET LES BONNES SUITES ?

Cette liste pourrait continuer indéfiniment, surtout avec les trois derniers épisodes de Star Wars et ses 17 séries spin-off, le boss ultime des suites prolifiques.

Mais assez de négatif, donc voici trois franchises dont les suites sont égales voire meilleure que l’original :

  • Insidious & Insidious 2, l’usage le plus intelligent et réfléchi d’une suite.

  • Toy Story & Toy Story 3, bien que tous les opus sont excellents, on espère que le 5ème suive la lignée !

  • Les bronzés font du ski, la quintessence du Splendid.

© CCFC

© Sony Pictures

© Disney

MAIS POURQUOI ?

Pour en revenir au cœur du sujet, l’émergence et l’explosion des suites de films coïncident avec la propagation du hard et soft power américain. Les Etats-Unis étendent leur modèle économique capitaliste au Monde entier et le profit devient plus important que l’Art. Produire toujours plus grand, produire toujours plus vite, produire toujours plus pour être le plus riche, le plus puissant. Et, au lieu de produire de nouvelles idées qui pourraient ne pas être aussi rentables, on préfère miser et re-miser sur ce qui a fonctionné avant, quitte à tourner en rond indéfiniment. Et de ce schéma découle maintenant une forte attente des spectateurs ; il y a maintenant une règle tacite qui "oblige" les boîtes de production et les réalisateurs à expandre leur idées sur deux, trois voire même quatre films car le public est trop habitué aux suites.

Encore une fois, c'est le serpent qui se mord la queue.

Le profit avant l'art

Prendre le contre-pied

Toute l'industrie est gangrénée par le fléau des suites de suites. Toute ? Et non, il reste encore un studio d'irréductibles artistes qui résistent encore et toujours face à ce modèle de production, Le Studio Ghibli.

C’est en grande partie pour ça que le travail des Studios Ghibli est admiré par beaucoup. Dans cette course à l’argent, aux suites, aux reboots, aux remakes, Miyazaki et ses pairs font figures de front en optant pour la qualité avant la quantité. En 41 ans d’existence, Studio Ghibli n’a produit “que” 24 films, tous originaux, qui sont chacun des chefs d'œuvres en matière d’animation, connus et reconnus dans le monde entier.

Peut-être est-ce là le nouveau modèle, qui est en fait le miroir de l’ancien, à adopter ?

Ralentir et ne pas copier le passé mais s’en inspirer pour créer le futur.

Kassandre Lou Vinatier

© Studio Ghibli

© GKids Films

© Gaumont Buena Vista

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