Artou, cinéma immersif

CRITIQUE NOUVEAUTÉS

Klara Bénard

11/4/20262 min read

Klara Bénard

Abderrahmane Sissako, réalisateur Mauritanien, revient sur nos écrans, après Timbuktu, qui a obtenu le césar du meilleur réalisateur en 2015 et Black Tea, sorti en 2024. Son court métrage immersif de 27 minutes, Artou, est sorti en salle cette année et a été diffusé en exclusivité au Festival International du film de la Roche sur Yon.

Produit par Omar Sy, Artou est un film immersif, c'est-à-dire filmé en 360 degrés. Durant la projection le spectateur doit se munir d’un casque de réalité virtuelle. Le cinéma immersif est un cinéma qui offre la liberté de se promener dans le récit et dans les images comme bon nous semble.

C’est alors le champ des possibles qui s’ouvre. La liberté de mouvement offerte au spectateur est unique car il peut écrire sa propre réalité grâce à une capture libre des images et du mode de narration. Le film raconte une histoire que le spectateur peut remodeler à sa guise.

Après le décès de leur père en Europe, une famille revient dans leur village natal pour enterrer ce dernier et l'accompagner dans son sommeil éternel. Artou aborde avec douceur le processus de deuil d’une famille vers le tombeau du défunt.

Le spectateur est à la place du cercueil. C’est un moyen fort et original d’apprivoiser la mort et le deuil, ici un deuil silencieux mais précieux. En utilisant le mode immersif, Abderrahmane Sissako souhaitait que le spectateur se fasse un avis plus personnel sur le film. Plus personnel dans le sens où nous pouvons le modeler à notre guise. Il est possible de se déplacer librement dans l’image : admirer le ciel, le paysage, se focaliser sur les personnages ou bien sur les mouvements de ceux-ci.

Le cinéma immersif invente un récit fort et marquant, en autorisant une réalité multiple et modulable. En outre, le son devient un élément très important car il nous guide. Le but du réalisateur était d’accompagner les spectateurs dans ce silence, dans ce dernier voyage qui nous attend tous.

Curieux de comprendre ce que cette nouvelle technologie pouvait raconter, il était important pour Abderrahmane Sissako d’aborder un récit venant d'Afrique sous la forme d’un voyage initiatique. Il voulait ainsi apporter une voix venue d’un territoire où cette forme d’expression n’existe peu voir pas.

« Ton film ne changera rien mais ils sauront que nous savons »

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