Le Chant des forêts : Un mirage sauvage
CRITIQUES COURTES
Baptiste Brocvielle
12/19/20251 min read
ll y a quatre ans presque jour pour jour, Sylvain Tesson commentait de sa prose poétique les décors surnaturels de l'Est tibétain, dans La Panthère des neiges. Cette fois, Vincent Munier nous convie à un voyage plus intime et personnel : au cœur des forêts des Vosges, accompagné de son père et de son fils. Ces paysages qu’il connait si bien, berceau de son admiration pour la nature, deviennent le terreau d'une transmission : deux générations s'unissent pour éveiller la passion chez la troisième.
Témoin de ses yeux de ces majestueux moments, le jeune Simon est vite conquis. Mais l'ambition de son père va au-delà : il doit capter cette splendeur avec ses caméras, l’amplifier, afin de connecter le spectateur, confortablement installé en salle, avec cette nature lointaine.




A travers son travail du son, du cadrage et de la lumière, Vincent sublime les scènes du sauvage. Plus encore, il nous plonge dans l'attente et la frustration inhérentes à l'art du guetteur. Les animaux, masqués par le feuillage ou la neige, s'évanouissent dans la brume. Ne subsistent alors que des silhouettes et des ombres. La rencontre avec ces fantômes relève du sacré. Impatient, on scrute dans l'image l'indice qui trahira l'invisible. Et lorsque les obstacles s'effacent, lorsque l'objectif trouve sa mise au point, l’émotion que procure l’instant n'en est que décuplée.
Une beauté dissimulée qui se mérite, un chant sylvestre pour ceux qui savent écouter. Dans une société moderne largement urbanisée, le travail de Vincent Munier devient ainsi essentiel : redonner aux petits et grands la fascination pour le vivant.
Baptiste Brocvielle
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