In Waves, mélancolie graphique au creux des vagues
CRITIQUES COURTES
Alyssande Dauriac
7/22/20262 min read


En salles depuis le 1er juillet, présenté en ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes puis remarqué au Festival d'Annecy, In Waves est l’adaptation du roman graphique (et autobiographique) d’AJ Dingo paru en 2019. Ce premier long-métrage de la réalisatrice Phuong Mai Nguyen nous narre avec brio et émotion les remous d’un amour de jeunesse et la maladie qui vient le frapper, dans le milieu hypnotique du surf californien.
À la fois autobiographie, coming of age et histoire d'amour, In Waves explore le deuil avec une délicatesse infinie. Déployant une palette de textures, lumières et couleurs pour mieux représenter l’existence d’AJ, de ses amis et de la jeune fille qu’il rencontre – la magnétique Kristel – ce récit poignant se fait ode à la vie, débordant de propositions visuelles fortes pour signifier l’amitié, l’amour et le deuil sur fond de grandes plages où le surf et l’été semblent infinis. Porté par son illustration somptueuse et des transitions graphiques d’une grande élégance, le récit nous emmène sur les vagues et nous bouleverse d’autant plus par la sincérité qui émane de lui, nous plongeant malgré nous dans des abysses larmoyantes desquelles il est bien difficile de sortir indemne.
Sous le mélodrame se cache un univers qui investit également la dimension mythologique du surf à travers des séquences en noir et blanc au trait minimaliste, inspirées des origines hawaïennes de la pratique. Ces bifurcations temporelles et la mise en abime du projet littéraire porté par le protagoniste principal contribuent à mettre en valeur et en scène le matériau originel et la soif de vie qui en découle, tout comme la magnifique bande-son électro signée Oklou et Rob épouse avec mélancolie un vécu parfois lourd à porter.
Par sa force visuelle et narrative autant que sa charge émotionnelle, In Waves relate une histoire bouleversante où le monde sportif devient mise en abyme de la pugnacité de protagonistes face à l'âpreté de la vie. Récit de jeunesse dans lequel chacun est à même de se projeter, il est aussi une invitation à vivre malgré tout : accueillir les vagues, même lorsqu'elles nous renversent. Une œuvre magnifique prouvant s’il le fallait que l’animation française a encore de très beaux jours devant elle.


Alyssande Dauriac
In waves - © Silex Animation
In waves - © Silex Animation
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