Good Boy de Ben Leonberg
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Thibault Jeanroy
11/5/20253 min read
On n'avait finalement pas tout fait avec le paranormal
En voilà une proposition originale pour Halloween, du paranormal certes, mais le fait que le héros soit un chien (le propre chien de Ben Leonberg par ailleurs), est un sacré parti pris... Parce que finalement de la nouveauté c'est précisément ce qui manquait au cinéma d'épouvante, sachant que le mois dernier, le dernier volet Conjuring sortait sur nos écrans et que dans la foulée, une série était lancée pour HBO Max....
Bref ! Good Boy, c'est tout simplement un chien, le fidèle compagnon d'un protagoniste qui déménage dans la maison de son grand-père, et qui va repérer la présence maléfique, essayant au passage de sauver son maître victime d'une certaine détresse psychologique et qui ne se rend compte de rien.


Un potentiel vraiment assumé et bien exploité
Hormis le fait que ça ait du potentiel sur papier, à l'écran la démarche et la volonté de ne se fier qu'au point de vue du chien et à ce qu'il ressent est complètement aboutie! Pas une seule fois, à quelques plans près nous ne voyons le visage du seul être humain qui figure dans ces 1 h 20 de long-métrage. La caméra de Ben Leonberg est toujours à hauteur de l'animal, et par des astuces judicieusement trouvés, on compatit à la détresse de l'animal.
En tant que tel, le scénario n'a rien de très intéressant à nous raconter (le réalisateur est aussi co-scénariste), mais la mise en scène est ici le plus important et le plus réussi, et mieux encore du suspens arrive à se créer, une atmosphère tangible règne dès le début, et pourtant pas de recours à des jumpscares évidemment milles fois ces dernières années, pas non plus de faux moments de frayeurs pour stimuler un spectateur frileux, simplement des prises de vue bien pensées dans tout l'intérieur de la maison, et en extérieur . Parce que finalement le mal rôde un peu partout.
Bien-sûr l'effet "premier long-métrage " se ressent beaucoup, mais on remarque les efforts faits pour jouer la carte de l'imprévisibilité sur la fin du film, et pour réussir à développer autant le chien Indy qu'un maître pratiquement non-identifiable tout du long, mais à qui on donne tout de même des caractéristiques.




Un premier essai très convaincant !
Good Boy est un film qui prouve deux choses, un chien peut donc être le centre d'un long-métrage sans que l'ennui ne vienne occuper le spectateur, et il est possible d'humaniser un chien et de lui faire ressentir les mêmes peur que ces derniers et ça paraisse crédible sur un écran de cinéma. Est-ce que ça fonctionne ? Oui absolument !
Un film angoissant, une première proposition très intéressante et qui réveille en nous certaines surprises à l'égard du cinéma de genre, et surtout du cinéma paranormal qui tourne beaucoup en rond depuis quelques années . Un film rassurant en soi, et qui est assez bien construit et réalisé pour ne pas s'oublier dans les minutes qui suivent la sortie de salle et les jours suivants !
Quel dommage, que le film ait bénéficié d'une sortie en salles très réduite (le film est sorti les 10 et 11 Octobre dans 230 salles dans toute la France), car c'est une expérience très unique (et collective) que le public doit vivre grâce au grand écran et non chez soi !
Tout d'abord parce qu'il s'agit d'un concept inédit, et surtout parce que il est primordial d'encourager des productions aussi indépendantes et petites plutôt que la continuité de sagas qui doivent en finir.
Thibault Jeanroy
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