Fight Club - L'incontournable d'une génération
CRITIQUES ANCIENS FILMS
Thibault Jeanroy
5/4/20264 min read


C’est le film culte de la fin des années 90. Alors que David Fincher avait déjà frappé un très grand coup avec Seven en 1995, il réitère avec Fight Club ! Difficile de savoir lequel des deux est le plus culte, tant ils reposent sur une atmosphère poisseuse et désespérée, et sur un plot twist emblématique incluant Brad Pitt
On rappelle qu’il s’agit d’une adaptation du roman de Chuck Palahniuk qui, avant la sélection de Fincher pour le porter à l’écran, avait aussi été proposé à Peter Jackson, Bryan Singer et Danny Boyle, tous déjà occupés à l’époque.
Fight Club fait partie de ces œuvres dont le dénouement est connu de la majorité, mais qui continuent d’être découvertes en connaissance de cause.
Et pourtant, le film n’a pas été un succès au départ, comme Brad Pitt et Edward Norton l’ont souvent rappelé.
De quoi est-il question déjà ?
Le film s’ouvre sur Edward Norton, apparemment pris au piège dans un immeuble délabré, avant de revenir en arrière pour découvrir la vie d’un homme enfermé dans un engrenage fait d’insomnie et de misère sociale.
Le narrateur trouve finalement un refuge dans des groupes de soutien, auprès de personnes malades et au bord du gouffre émotionnel, qui se livrent sincèrement, lui permettant d’aller mieux. Malheureusement, tout cela prend fin lorsqu’il rencontre d’abord Marla Singer, une femme qui semble elle aussi égarée, puis Tyler Durden.
Un mystérieux vendeur de savon, porteur de sa propre philosophie, chez qui il trouvera refuge après avoir vu son appartement partir en fumée pour des raisons bien mystérieuses.
Les deux hommes ne tarderont pas à faire équipe pour fonder un club de combats clandestin.


Contre le capitalisme ?
Au-delà de son aspect ultra-viriliste et masculin, Fight Club porte un message engagé sur l’excès de consommation. Le personnage joué par Norton, par exemple, meuble son appartement avec du mobilier de grande surface type IKEA. Lorsqu’il fait équipe avec Tyler, ils entreprennent de réduire à néant les grandes sociétés capitalistes, notamment en fabriquant de la dynamite à partir de produits chimiques récupérés.
Le propos est tout à fait explicite, et son exécution l’est tout autant : près de 70 % des plans valorisent la testostérone de ces hommes avides d’en découdre. Impossible de passer à côté de la scène où Robert “Bob” Paulson et un complice détruisent un café implicitement désigné comme un Starbucks, ou encore de l’emblématique scène finale où une assemblée d’immeubles liés à des groupes financiers s’effondre sous les yeux de Edward Norton et Helena Bonham Carter.
Tout est dit, à la fois sur le propos et sur le personnage de Tyler Durden.
Fight Club n’est pas qu’une référence du cinéma américain contemporain : c’est surtout un film important, qui parle de misère humaine et sociale, d’individus qui trouvent refuge dans la violence pour retrouver un esprit de collectivité et un sens à leur existence.
Si, sur la forme, on peut avoir l’impression d’assister à un rassemblement masculiniste, il s’agit en réalité de tout autre chose : une métaphore d’une classe sociale populaire, voire moyenne, qui cherche sa place dans la société.
L’humour et les Femmes chez Fincher
Par ailleurs, bien qu’il traite d’une population désespérée trouvant refuge dans la violence et la clandestinité — et plus largement de troubles mentaux — le film de Fincher est aussi doté d’un certain humour. Notamment lorsque le narrateur s’adresse directement au spectateur pour commenter ses propres agissements ou ceux de Tyler.
On peut également évoquer la personnalité de Marla, divinement interprétée par Helena Bonham Carter.
Les femmes chez Fincher ont toujours occupé une place importante : de Ripley dans Alien 3, à Gwyneth Paltrow dans Seven, sans oublier l’héroïne impitoyable de Gone Girl, interprétée par Rosamund Pike.
Dans ces cas précis, Fincher laisse également place à une forme d’humour, discrète mais bien présente.
Sans doute parce qu’il traite de sujets sombres, et que la majorité de ses dénouements sont rarement positifs, il s’autorise parfois une note plus légère. Fight Club est de ces films qui restent en tête — et mieux encore, de ceux qui dévoilent de nouvelles clés de lecture à chaque visionnage.
Film incontournable qui clôt, en quelque sorte, le millénaire des années 90, Fight Club n’est pas seulement une référence du cinéma hollywoodien contemporain : c’est aussi une œuvre culturelle et sociétale majeure. Mais chut on n'est pas censés vous en dire un traitre mot ...
Thibault Jeanroy


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