Disclosure Day- Le language alien de Spielberg
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Thibault Jeanroy
6/12/20262 min read


Dire que nous l’attendions de pied ferme serait encore un euphémisme : Spielberg chapeautant de nouveau un film de science-fiction, qui plus est un film d’extraterrestres…
Disclosure Day se présente comme un film d’espionnage et de quête, tout en étant une œuvre métaphysique qui semble même proposer un nouveau langage cinématographique.
Steven Spielberg est, bien sûr, réputé pour nous raconter des histoires toujours plus inoubliables et extraordinaires les unes que les autres. Voici une nouvelle aventure qui regorge autant d’énigmes que de richesses. Nous suivons des personnages particulièrement pertinents, dont chacun trouve sa place dans cette histoire : tout le monde est concerné, de la journaliste désignée comme « l’élue », interprétée par Emily Blunt, au personnage de Josh O’Connor. Tous ont leur mot à dire — extraterrestres compris.
De quoi est-il question déjà ?
D'une quête vers le savoir, vers des réponses, vers la vérité pourrait-on dire?
Entre métaphore et message subliminal, Spielberg démontre une fois de plus sa capacité à mettre en scène l’irréel et à nous emmener vers l’inconnu comme s’il s’agissait de quelque chose de tangible. Premier grand retour à la science-fiction depuis La Guerre des mondes, le réalisateur amène à nouveau l’être humain à questionner la science et à rechercher la vérité.
Si certains trouvaient que le créateur d’Indiana Jones s’était quelque peu égaré avec ses précédents films, comme Ready Player One ou West Side Story, respectivement jugés lourds ou dispensables, il est ici certain que l’on retrouve le Spielberg des premiers temps, celui de A.I. Intelligence artificielle ou de Jurassic Park, avec des touches de Minority Report. Un condensé généreux mêlant frénésie et instants marquants : ceux où nos héros sont lancés dans une course contre la montre, mais aussi ceux où le dialogue s’installe avec grâce pour laisser place à une autre forme de magie.


Quand Spieberg renoue avec l'au-delà
Spielberg a toujours eu cette maîtrise narrative lui permettant d’entrelacer action et poésie, subtilité et explicite, au sein d’une mise en scène des plus inspirées. On n’oublie évidemment pas la musique de John Williams, qui accompagne divinement la prose visuelle du maestro. Il signe ici son film le plus lumineux et le plus agréable depuis The Fabelmans, qui était déjà, lui aussi, une œuvre de réflexion et de quête. Une quête davantage identitaire que métaphysique, certes, mais une quête avant tout. Après tout, le cinéma de Spielberg a toujours été une aventure vers un lointain invraisemblable.
Disclosure Day est un nouveau pas en avant pour la science-fiction, mais aussi un souffle de renouveau pour le cinéma. Un film qui n’amène pas à rêver mais à penser autrement à une autre forme de possible et de réalité, une mission assez surréaliste mais pleinement accomplie, pour un artiste de l’image qui a toujours la tête vers le ciel et l’âme d’un enfant.
Thibault Jeanroy


S'inscrire à notre newsletter
