Daguérréotypes : la lettre d’amour de Varda au 14ème

CRITIQUES ANCIENS FILMS

Kassandre Lou VINATIER

1/23/20262 min read

Milieu des années 70, rue Daguerre, une rue comme on peut en trouver partout dans la capitale, une cinéaste pose sa caméra et laisse la vie s’imprimer sur la pellicule. 

On ne peut pas parler de Paris sans parler d’Agnès Varda. De Pigalle à la rue Turbigo en passant par le Louvre et le pont des Arts, la cinéaste a passé des années à arpenter les rue de la capitale à la recherche de l’authenticité de la vie parisienne. Tantôt documentariste, tantôt réalisatrice de fiction, Varda nous emmène dans un Paris intimiste, où lieux emblématiques et simples passants se rencontrent et partagent, le temps d’un film, leurs histoires.

Le sujet de Daguerréotypes peut paraître simpliste; filmer le quotidien d’une rue marchande. Mais c’est là que réside tout l’art de la réalisatrice, créer du beau avec du banal. 

Chaque commerçant.e.s devient un personnage à part entière, avec ses amours, ses peines, ses rêves, ses regrets. Varda s'intéresse à des gens qu’on ne fait que croiser, des visages perdus dans la foule. On peut voir de la gêne parfois, mais aussi et surtout l’envie de partager l’histoire d’une vie bien souvent difficile. Bien que les questions soient très personnelles, Varda ne tombe jamais dans le voyeurisme, elle prend ce qu’on veut bien lui donner. Elle crée des parallèles entre ces histoires par le biais d’un montage pointilleux, empreint de poésie et de tendresse. Car c’est ainsi que Daguerréotypes s’est construit, par l’amour d’une cinéaste pour la rue qui l’a vu devenir la figure emblématique et engagée que nous connaissons aujourd’hui.

Kassandre Lou Vinatier