Chien 51 : Beaucoup d’aboiements, peu de mordant
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Enzo Beaufort
10/24/20252 min read
Nouveau film de science-fiction française débarquant en salles, Chien 51 de Cedric Jimenez (basé sur le livre éponyme de Laurent Gaudé) développe un monde dystopique dans lequel la population est divisée en 3 zones selon sa classe sociale et où l’intelligence artificielle « ALMA » révolutionne le travail de la police en facilitant les enquêtes. A l’assassinat du créateur de cette IA ; Zem, policier de la zone 3 et Salia, de la zone 2 ; sont réunis pour mener l’enquête.
On aurait pu s’attendre à une bonne surprise SF made in France en cette fin d’année, mais il n’en est rien.
Il faut néanmoins reconnaître que sur le plan formel, Chien 51 est assez maîtrisé : l’univers sonore qui l’accompagne est parfaitement adapté au thème et très immersif, les scènes d’action sont percutantes, les effets spéciaux soignés et la photographie léchée. La scène d’introduction nous plonge immédiatement dans l’action et attrape de suite le spectateur. Et puis… plus rien.
Le soufflet retombe assez vite au fil de l’histoire. Les enjeux du film sont assez flous et l’univers très vaste auquel on veut nous faire croire n’est jamais développé : on nous parle d’un monde en bouleversement tout en ne filmant que quelques endroits de Paris. La crédibilité du métrage en prend alors un sacré coup et il est difficile d’embarquer le spectateur dans quelque chose auquel il a du mal à croire. Le message global du film sur l’intelligence artificielle est louable même si extrêmement convenu et peu novateur : « l’IA, c’est dangereux ».
Mais la plus grande faiblesse de Chien 51 réside sûrement dans la caractérisation des personnages et du jeu de ceux qui les incarnent. Imaginez l’archétype de l’homme mystérieux au ton très sérieux et très grave toujours filmé dans l’obscurité et vous obtenez le personnage du révolutionnaire interprété par Louis Garrel, à la subtilité inexistante.
L’alchimie entre Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos est ici superficielle et il est difficile d’éprouver de l’empathie pour eux lorsqu’ils sont en mauvaise posture (cette alchimie était bien plus convaincante dans Bac Nord, du même réalisateur). Ajoutez à tout cela des dialogues lourds, qui sonnent faux, un final assez téléphoné et vous obtenez finalement un film qui, bien qu’esthétiquement et techniquement assez abouti, manque cruellement d’âme et de chien.
Enzo Beaufort






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