Captain Fantastic, la liberté à tout prix

CRITIQUES COURTES

Kassandre Lou Vinatier

3/14/20262 min read

Captain Fantastic, c’est ce genre de film qui, une fois fini, reste dans un coin de la tête. Déjà parce que la photographie et les plans sont magnifiques, intimistes et percutants, que l’histoire semble extraordinaire tout en restant ancrée dans le réel, et que la fin douce amère offre une vision plurielle des personnages et de leurs morales.

Inspiré de l’idéologie de Thoreau et Kerouac, Captain Fantastic, c’est l’histoire d’une famille recluse loin de la société de l’ultra consommation états-unienne, qui entreprend un voyage pour l’enterrement de leur mère.

Ben, le père (Viggo Mortensen) et ses six enfants se lancent dans ce roadtrip à travers le Nord-Ouest américain au cours duquel leurs idées et vision anticonformiste seront mises à rude épreuve.

Le film questionne notre perception de l’éducation, du consumérisme et de la fine frontière entre utopie anticapitaliste et brutalité du réel. Renoncer complètement de se plier aux us et coutumes d’un système sous prétexte d’aspirer à une vie en autarcie où les enfants lisent Freud à six ans est-il vraiment ce qu’il y a de mieux? Malgré un logorrhée exceptionnellement avancé pour leurs âges, les enfants découvrent bien vite les limites de leurs connaissances une fois qu’ils se retrouvent en dehors de leur forêt. Certes, ils peuvent débattre des fondements de la constitution, cependant, une fois face à leurs cousins élevés comme de “vrais petits américains”, le dialogue est rompu, voire impossible. Ben veut faire de ses enfants des adultes “extraordinaires”, mais cette obsession semble l’aveugler quant à la réalité des choses.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire; le film ne défend pas un point de vue en le plaçant moralement supérieur à un autre. Il pousse à la réflexion individuelle en montrant les limites des éducations et systèmes présentés.

Malgré sa sortie il y a plus de dix ans, Captain Fantastic reste un film qui résonne encore aujourd’hui et que je vous encourage vivement à (re)découvrir!


Kassandre Lou Vinatier