Backrooms : encore un phénomène de l'horreur
CRITIQUE NOUVEAUTÉS
Thibault Jeanroy
7/13/20263 min read


Alors que le phénomène de Curry Barker, grimpe encore des échellons impressionnnants au box-office mondial (plus de 300M de dollars de recettes au moment où nous écrivons ces lignes), un autre film est déjà sur une sacrée lancée.
Backrooms nouvelle production signé A24 qui a fait confiance a Ken Parsons, en lui permettant de lancer son univers basé sur Youtube, au cinéma. En effet Backrooms, est une série high concept de 24 épisodes en found foutage, lancée en 2022, rapidemment devenue virale, la série suit une organisation fictionnelle appelée Async Research Institute, et dont les scientifiques explorent un espace extra-dimensionnel consistant en de grands endroits majoritairement vacants et des complexes interconnectés.
Quand au film, il reprend donc le concept, où plutôt la légende, sur 110 minutes.
Porté par Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, nous suivons Clark, un architecte divorcé, et alcoolique vivant temporairement dans un magasin de meubles, plusieurs phénomènes le conduisent à découvrir les Backrooms dans le sous-sol de son magasin, et à partir en exploration avec son équipe sans vraiment avoir d'idées de ce qu'il va découvrir.
Entre Blair Witch et Stranger Things, un univers qui renoue avec l'horreur à l'ancienne
Sitôt débuté, on saisi la novation du concept, l'étrangeté de l'univers, avec un plan séquence en found footage qui nous plonge dans les Backrooms très frontalement . Une ouverture qui annonce la couleur, entre un concept de science-fiction pas si loin de Stranger Things, et un film d'horreur à l'ancienne reprennant les formats de Rec et Blair Witch .
Kane Parsons 21 ans propose un film bien réalisé, avec une jolie imagerie, un casting solidement dirigé, en bref un gros potentiel . La reprise du found footage (même si ce n'est que pour deux, trois scènes) est la bienvenue, permettant de renouer avec ces films d'horreurs à petits budgets qui faisaient fureurs à la fin des années 90 et au début des années 2000.
Cette fois-ci 10 millions de dollars de budget on été déployés pour permettre à Parsons de faire profiter de sa création au grand écran. Et cela fonctionne très bien.
On sens cette intention de déployer un mystère qu'on ne saurait pointer du doigt, de mettre la peur hors image pour laisser notre imagination travailler, c'est ainsi que bien des spectacteurs du monde pouvaient avoir peur autrefois, et c'est façon de disimuler une potentielle est toujours aussi efficace. Backrooms est un film efficace.
Comme un labyrinthe de l'oubli façonné comme une gigantesque spirale de murs et de couloirs où on peut se perdre à jamais. C'est joliment pensé et configuré, bien-sûr terrifiant, chaque plan peut dissimuler quelque chose de "creepy", une voix peut se entendre, laissant penser que le danger rôde dans chaque recoin des Backrooms.


Certes le film laisse perplexe en fin de séances, pas mal de questions restés sans réponse, il faut dire que nous avons là, tout un univers à peine établi, Kane Parsons a construit les bases, il faut désormais aller plus loin, et cela tombe bien, une suite/prequel est déjà prévue, on peut donc compter la dessus pour percer certains mystères à jour.
Backrooms est comme une tentative généreuse d'allier l'horreur vintage aux légendes d'internet modernes avec un esprit jeune et vif . Pour ce qui est des choses à redire, les sous-intrigues qui ne tendent qu'à rendre nos personnages vulnérables, l'un est au bord du gouffre et l'une se bat avec un passé lourd qui la hante.
Forcément deux esprits troublés vont être amenés à se retrouver sur le même chemin, pour se confronter et retrouver la paix avec eux-mêmes, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus ici. Non évidemment, le plus important reste à savoir quels mystères contiennent ses Backrooms ....
Pour une expérience inédite avec le grand écran (et parce que les salles de cinémas sont climatisés) voyez donc l'une des relève du moment du cinéma de genre....
On s'impatiente par avance de ce que nous réserve la suite pour Kane Parsons et Curry Barker qui viennent à eux deux de bouleverser l'industrie Hollywoodienne, en prouvant qu'un film indépendant à petit budget peut venir se hisser à la hauteur des blockbusters normalement attendus au tournant
Thibault Jeanroy


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